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Gestion des élèves difficiles



Prévention

  • Établissement d’un cadre structurant, au sein de la classe et de l'école.
      • Les réunions de synthèse (pour parler des élèves) et de coordination (pour aborder des questions de fonctionnement, de projets pédagogiques…) doivent être bien distinctes et permettre aux équipes de s’harmoniser ensemble pour adopter le même « discours » face aux élèves. De telles réunions sont préférables aux rencontres rapides des temps de récréation ou dans la salle des maîtres.

      • Si l’adulte est une référence, il ne promet pas des choses qui ne seront pas tenues, il ne menace pas si cela n’est pas suivi d’effets.

      • L’information doit circuler. Aucun enseignant, seul, ne peut gérer certaines situations d’élèves très complexes.

      • Les modalités de médiation et de sanctions, en cas de conflit ou de crise, doivent être anticipées. Une échelle de sanctions peut être adoptée mais avec souplesse. L’équipe peut se donner les moyens de ne jamais réagir « à chaud » afin de traiter les problèmes avec le recul nécessaire.

      • Toute éviction de cours, toute exclusion temporaire de la classe doit se référer à des modalités précises. Leur multiplication doit interroger l’équipe et l’amener à retravailler « le cadre ».

  • La place de la parole dans la classe et dans l’institution scolaire.

« Entre nous et lui des paroles, forcément. L'impact de nos paroles sera d'autant plus grand que nous sommes dans une position reconnue sur l'échelle du savoir (médecin, psychanalyste, enseignant, éducateur, assistant d’éducation, auxiliaire de vie scolaire... ). Nous avons le pouvoir des mots, le pouvoir de questionner, de le reconnaître ou non. Ce pouvoir, bien sûr, l'autre nous le prête, mais on peut en « mésuser ». Toute parole s'adresse à l'autre. Et c'est bien lui qui est visé. On peut l'humilier, l'attaquer, le nier, l'enfermer, le définir, le refuser, le moquer, le violer, le tuer avec nos mots. Notre parole n'a pas besoin d'être agressive, elle peut sembler gentille et le détruire. Plus nous avons le pouvoir des mots, plus notre parole est puissante à son égard. »

Mireille Cifali, Faculté de Psychologie et des Sciences de l'Education - Université de Genève

 

  •  Que ce soit au niveau des adultes ou au niveau des élèves, elle est essentielle. L’information doit circuler pour que chaque enseignant se sente mobilisé.
  • Dans la classe, l’expression collective du groupe est primordiale : c’est le rôle de l’enseignant.
  • Les différents parcours de scolarité adaptés individuels doivent, par exemple, être discutés et faire l’objet d’une explication à l’ensemble de la classe.
  • Tout projet particulier doit être construit en équipe éducative (ou de cycle) et faire l’objet de régulations entre les différents partenaires concernés.
  • Travailler certains problèmes cruciaux en s'appuyant sur les albums de jeunesse.
  • Des débats peuvent être organisés en s'inspirant des travaux d'Oscar Brenifier.

  • L'attitude de l'enseignant.
  • L'enseignant doit tout mettre en œuvre pour :
  • se décentrer pour aborder le problème.
  • Éviter le registre de l'affectif.
  • Réfléchir et agir en professionnel.
  • La maternelle

sur ce qui concerne école maternelle. On notera deux idées essentielles à retenir :

  • d'abord parce que l'école maternelle est le premier lieu de la socialisation de l'enfant et que la nécessité d'y favoriser son épanouissement prime sur le reste, l'interdiction de la mise en œuvre de toute sanction. Cela n'interdit pas d'isoler de manière très courte un élève à la condition bien entendue qu'il ne soit jamais laissé sans surveillance.
  • Cas des élèves à handicap.

  • Où trouver de l'aide :
  • Collègues → Réseau d'aide → Entourage médical → Centre dans lequel peut être suivi l'élève...


{mospagebreak heading=Prévention & title=Pendant la crise}

Quelle attitude adopter pendant « la crise » ?

  1. Il faut tenter de définir ce qu’est une crise. Il y a crise à partir du moment où l’enseignant n’arrive pas à réaliser ce qu’il avait prévu avec ses élèves. Une crise n’est pas nécessairement une mauvaise chose.

  2. Il faut définir aussi des niveaux de crise et différents types de crise

  • La crise de groupe lorsque l’ensemble du groupe classe n’est pas en état de travailler

  • La crise dans le groupe lorsque certains éléments du groupe rendent impossible la mise au travail les autres.

  • La crise en tant que malaise individuel d’un élève lorsqu’un élève adopte une attitude de blocage mobilisant l’enseignant.

    La crise fait souvent vivre une sorte d’échec à l’enseignant. Il y a un aspect subjectif du vécu de la crise par enseignant. Certains sont mal à l’aise d’avoir recours à une ressource extérieure à la classe, d'autres supporteront mal que l’élève n’accepte pas telle sanction ou culpabiliseront d'avoir recours à la sanction.

Quelle solutions face à de telles crises ?

  1. Apprendre la maîtrise de soi

  • Pour l'enseignant, adopter une attitude de réserve. Jamais de gestes physiques contre un enfant et encore moins de parole définitive (pas de frontal).

  • Pour l'élève, proposer des activités où il faudra se maîtriser: organisation de la page, copie parfaite, travaux informatiques qui demandent une certaine précision, jeux d'adresse, dessins et calligraphie...


  1. Déplacer

  • Déplacer dans l’espace : permettre une sortie du groupe

  • en tentant d’utiliser une ressource extérieure (autre enseignant, directrice(eur)) d’une façon plutôt positive (se rendre utile, travail réparateur,...)

  • en recourant à l’exclusion comme mise à l’écart.

  • Déplacer dans le temps : différer

  • Le traitement « à chaud », peut amener à des positions de blocage de la relation

  • Reporter à la fin de l’heure (ou de la séquence, voire au lendemain) permet de revenir sur des évènement avec moins de charge émotionnelle pour l'élève comme pour l'enseignant.


  • Inciter l'élève victime à ne pas répondre ou cesser de se battre pour mettre en mots écrits ce dont il se sent victime.

  • Demander à l'élève de porter par écrit les raisons de son agressivité ou d'expliquer son attitude.

  • Apprendre à s'excuser, à réparer. Lors d'un conflit physique ouvert où les deux protagonistes sont mutuellement responsables, quelques mots d'échange suffisent souvent pour apaiser. La proposition de poignée de mains, pour symbolique qu'elle soit porte sa force d'émotion et de communication. Plus tard, proposer à l'enfant de présenter des excuses orales ou écrites en veillant à y mettre des formes est une bonne piste.

  • Quand l'infraction est avérée, quand il y a eu un éventuel dégât matériel, en Conseil si besoin ou lors d'un simple dialogue, il est intéressant d'ouvrir avec l'enfant qui est sorti de la Loi en lui proposant de chercher comment réparer.

  1. Détourner

  • Désamorcer par l’humour.

  • Désamorcer par un changement de sujet en mobilisant un centre d’intérêt de l’élève ou de la classe … changer d'activité peut être bénéfique si elle n'est pas associée à une capitulation de l'enseignant(e).

  1. Traiter

  • Traiter individuellement avec l’élève.

  • Des entretiens individuels peuvent être organisés avec l'élève par l'enseignant ou par un membre de l'équipe (ex. intervention d'un membre du RASED)

  • Avoir recours à la sanction, ajustée à la faute et équilibrée par rapport aux autres (en relation avec des règles préétablies).

  • Lorsqu’une explication est utile il faut la donner mais...

  • certains interdits sont liés à des principes qu’il faut accepter sans les expliquer.

  • Traiter collectivement

  • Régulation par le groupe (discussion, débat, conseil de vie de classe…)

  • Le groupe devient une ressource pour résoudre la crise.

  • Traiter collectivement n'est pas sanctionner collectivement.

Au plan de la relation ultérieure et de sa crédibilité avec les élèves il est préférable que :

- l’enseignant adapte sa réponse en fonction de la nature de la crise et des élèves concernés.

- qu’il sache abandonner sa posture d’enseignant en devenant un adulte prêt à reconnaître ses erreurs et éventuellement à reculer.

{mospagebreak title=Après la crise} 

Quelle intervention après la crise ?

  1. Mise en place d'un parcours personnalisé de l'élève si une des raisons de ses crises est liée aux difficultés scolaires.

  2. Travailler certains problèmes cruciaux en s'appuyant sur les albums de jeunesse.

  3. Des débats peuvent être organisés en s'inspirant des travaux d'Oscar Brenifier.

  4. Adopter une attitude pour éviter de nouvelles crises.

  • Sans culpabiliser et sans penser que tout le problème vient de l'enseignant, réfléchir à l'attitude, aux contenus proposés aux élèves.

  • L'élève incriminé ne se trouve-t-il pas trop souvent la cible de l'enseignant à chaque problème de la classe ?

  • {mospagebreak title= Les sanctions}

Les sanctions ?

 

Référence à E. Prairat :

  • La sanction scolaire doit être spécifique, on ne peut y importer les modèles pénaux.

  • Il faut ré-articuler sanction et éducation. « Réfléchir à ce que punir veut dire dans un lieu d’éducation ».

  1. Le fondement de la sanction

  • doit, pour être légitime, reposer sur des règles explicites et lisibles (règlement intérieur, règles de classes). Cadre objectivé de règles, cadre socialisant, question de l’éthique .

  1. Finalités de la sanction :

  • visée politique : elle n’est pas de réaffirmer la dominance de l’adulte mais de réaffirmer la présence de la centralité de la règle et sa valeur d’instance.

  • visée éthique : on responsabilise le sujet sur ses actes « posture responsable ».

  • visée psychologique : la sanction est un coup d’arrêt, une césure à un comportement à la dérive, au phantasme de la toute puissance. Il s’agit d’arrêter un comportement, de le réorienter vers une nouvelle temporalité.

  1. Propriétés d’une sanction éducative :

  • Elle s’adresse à un sujet, à un individu et pas à un groupe, il faut renoncer au spectacle, à la mise en scène, à l’exemplarité (ce n’est pas renoncer à la solennité, à la gravité.

  • Elle appelle la parole : (pas de sanction muette), l’explication, elle doit tendre à être comprise (parfois beaucoup plus tard). « La parole lie la sanction à la transgression et en même temps la délie », elle permet une mise à distance.

  • Elle porte sur des actes, des comportements « on sanctionne une tricherie, pas un tricheur » « Distinguer l’être et le faire », il s’agit de sanctionner des actes, des passages à l’acte, on ne punir pas des intentions, des présuppositions . C’est un principe de précaution pour le puni (il n’est pas foncièrement mauvais) et pour le punisseur (il s’indigne sur l’acte et non sur la personne) « indignation judicieuse ». Le respect est à priori inconditionnel, il s’adresse à la personne, pas d’exclus, la tolérance s’adresse aux actes et conduites (il est des conduites intolérables).

  • Elle doit prendre une forme privative (d’un droit). « La sanction n’est pas là pour humilier mais pour frustrer , il n’y a rien à tirer de la honte ».

  • Principe de la re- socialisation : la sanction doit s’accompagner d’un geste du coupable à l’intention du groupe (mot, geste). Quand on répare, on passe d’une passivité (subir) à une activité (agir). « Réparer c’est aussi se réparer, se pardonner à soi-même, c’est réparer quelque chose mais surtout à quelqu’un »


  1. Conclusion :
    Une sanction éducative c’est :
    1- une occasion de réaffirmer une règle.
    2- une réponse au sens plein du terme. (explication/réaction).
    3- une interpellation d’un être en développement dans son rapport à l’altérité (loi, groupe, culture).

  2. Sanction – punition ou sanction – éducative :

  • L'élève qui doit effectuer un travail supplémentaire va rapidement interpréter le travail comme une punition. Est-ce que nous recherchons ?

  • Se souvenir également que des punitions données par l'enseignant sont parfois doublées à la maison ou suivies de châtiments corporels.

  • Certains élèves semblent chercher à se faire punir pour entrer en relation duelle avec l'adulte

  • Un élève peut être privé de récréation mais seulement partiellement. Il est préférable, par exemple, de mettre un élève de cycle 3 en récréation sur le temps de récréation... des cycles 2.

  • {mospagebreak title=Outils divers}

Outils divers



  1. Le règlement de l'école.

  • Établies par l'administration.

  • Doit être expliqué, ne peut être modifié.

  • Les règles de l'école.

  • Établies par un conseil d'élèves.

  1. Les règles de la classe.

  • Établies par tous les acteurs de la classe, elles n'ont pas besoin d'être trop nombreuses en début d'année.

  • Elles doivent être claires, bien comprises de tous.

  • Les sanctions peuvent être discutées mais l'enseignant se réserve le droit de refuser certaines d'entre elles et d'en apporter d'autres.

  • L'enseignant est celui qui donne la sanction. Il se doit de respecter ce qui a été décidé et ne pas l'interpréter selon les élèves.

  • Les règles peuvent évoluer au cours de l'année.

  1. Les conseils

  • Ne pas traiter trop de problèmes lourds pendant les conseils. Réserver une partie aux points positifs, aux projets de la classe mais toujours respecter ce qui a été décidé.

  1. Permis à point, relevé de transgressions,

  • Ne doit pas devenir une grille comptable mais doit toujours être mis en relation avec le règlement.

  • Le tableau n'a pas pour rôle de comptabiliser ou de montrer les élèves qui ont transgressé les règles de la classe. Il est préférable d'utiliser un affichage dédié.

  • Puisque ce tableau note les transgressions, il n'est pas nécessaire de passer « 5 minutes » à expliquer qu'un tel à une croix de plus ou un point en moins.

  • Une fois la limite tolérée, la sanction prévue est appliquée et n'appelle pas de discussion.

  1. Les contrats

  • Prendre du temps avec l'élève pour établir un contrat.

  • Ne pas être trop ambitieux pour que le contrat soit tenu (ex. Ne pas se déplacer jusqu'à la récréation, lever le doigt avant de prendre la parole,...)

Mis à jour (Samedi, 15 Novembre 2008 17:23)

 

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L'opération « Dictionnaire des écoliers » est reconduite pour l'année scolaire 2011-2012. Vous pouvez vous inscrire ou vous connecter directement avec vos identifiant et mot de passe de l'année précédente (si vous n’avez pas changé d'établissement ou de niveau de classe). Ensuite, sélectionnez les mots qui vous intéressent et commencez à les définir avec votre classe. 

Pour rappel, Le dictionnaire des écoliers, des milliers de mots pour réussir à l'école est un projet pédagogique proposé aux enseignants de la grande section de maternelle au CM2 : participer à l'élaboration d'un dictionnaire en ligne de 30 000 mots. L'équipe de circonscription vous engage à vous inscrire dans ce projet qui nous paraît particulièrement intéressant Les conseillers pédagogiques sont à votre disposition pour mener ce projet.

Pour vous connecter :  http://www.cndp.fr/dictionnaire-des-ecoliers/accueilEnseignant.action

Consulter le dictionnaire des écoliers : http://www.cndp.fr/dictionnaire-des-ecoliers/

Regarder le diaporama qui présente les enjeux pédagogiques,  

Contacter Bruno Ricquebourg pour une aide ou pour plus d'informations

 Le dictionnaire des écoliers, des milliers de mots pour réussir à l'école est un projet pédagogique proposé aux enseignants de la grande section de maternelle au CM2 : participer à l'élaboration d'un dictionnaire en ligne de 30 000 mots. L'équipe de circonscription vous engage à vous inscrire dans ce projet qui nous paraît particulièrement intéressant. Attention, il faut inscrire sa classe avant le 31 octobre. Les conseillers pédagogiques sont à votre disposition pour mener ce projet.

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Les documents présentés et utilisés au cours de l'animation pédagogique "L'outil numérique en maternelle" (mercredi 10 mars 2010) sont téléchargeables ICI.

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